Prix des Bonnes Pratiques Européennes 2009

Le
Prix Européen des Bonnes Pratiques de la Microfinance 2009 lancé par
Fondazione Giordano Dell'Amore, en collaboration avec le Réseau Européen de la Microfinance, a pour but d’accroître la compréhension du public au sujet de l’importance de la microfinance, d’encourager les praticiens de la microfinance en Europe à partager les bonnes pratiques transmissibles dans le domaine de la microfinance, de l’innovation et de la pérennité et de promouvoir et de disséminer ces bonnes pratiques parmi les autres institutions de microfinance en Europe. Il est ouverte à toutes les institutions ou organisations qui ont été impliquées dans la provision de microfinance et des services connexes dans les Etats Membres de l’Union Européenne, pays candidates et les pays membres de l'AELE/EEE depuis 12 mois avant la candidature. Le
prix est doté de 50 000 euros.
Cette somme devra être réinvestie pour la réalisation de nouveaux projets, ou pour couvrir les coûts fixes des services existants.
En 2009, 14 institutions ont présenté leur proposition. Les propositions présenataient des expériences dans le domaine de la microfinance dans sept pays européens. Après avoir lu, analysé et évalué chaque proposition, le comité d’attribution a sélectionné cinq finalistes. La commission estime que chacune des cinq expériences présentées propose une approche et une idée intéressante qui pourrait être transférable dans des contextes similaires. Les cinq finalistes étaient:
- ACAF pour son approche novatrice utilisant les Communautés autofinancées en Espagne;
- Adie pour le pilotage de ses produits de microassurance pour les entrepreneurs en France;
- FAER pour son excellente approche du crédit intégré en milieu rural en Roumanie;
- FEA pour son système créatif de gestion de la microfinance sur internet en Hongrie;
- PerMicro pour l'efficacité de son institution de microfinance créée récemment en Italie
Le vainqueur a été choisi par le Comité scientifique avec la collaboration d'un expert en microfinance, parmi les cinq candidats présélectionnés et son nom a été nnoncé au cours de la 6ème Conférence Annuelle du REM qui s'est tenue les 4 et 5 Juin 2009 à Milan: il s'agit d'ACAF.
Fondée en 2004, l'Association pour les Communautés autofinancées (ACAF) soutient la création de CAF parmi les personnes pauvres (principalement les immigrés) et leur offre une assistance technique jusqu'à ce qu'ils puissent fonctionner de façon autonome. Les CAF utilisent la méthodologie de la « banque villageoise »: 10 à 40 membres, autogérés, où les membres sont propriétaires et clients. ACAF travaille principalement en Catalogne et au cours des quatre dernières années a créé 22 CAF avec plus de 1000 bénéficiaires indirects.
- Innovation: ACAF présente son approche « banque villageoise » qui est une méthodologie novatrice dans le contexte européen. Les CAF montrent que les immigrés pauvres sont auto-bancarisables ; l'intégration sociale est renforcée. En outre, les CAF ramènent les éléments vers une microfinance plus formelle ; les petits prêts des CAF sont un moyen pour accéder plus tard à des prêts plus importants pour lesquels il est nécessaire de disposer d'un historique de crédit et d'épargne (par exemple Fundació Caixa Catalunya). Les CAF entreprennent également d'autres initiatives (par exemple des fonds d'urgence, transposer les CAF dans leur pays d'origine, etc.)
- Pérennité: les CAF sont autonomes car elles utilisent les fonds des membres pour les prêts. Toutefois, le modèle inclut l’activité de l’ACAF qui, au cours des dernières années, a été financée par des partenaires privés et publics et a eu recours au bénévolat. ACAF est confrontée à trois défis majeurs: la nécessité d'élargir le nombre de CAFs, former de nouveaux promoteurs de CAF et la nécessité de nouveaux financements pour garantir la pérennité de l’ACAF. Les stratégies visant à surmonter ces défis sont les suivantes: l’offre de consultants pour la méthodologie CAF aux réseaux sociaux par ACAF, la mise en place d’une formation et d'un certificat pour les promoteurs CAF, le financement de l’ACAF par le biais de l’implication du secteur public (40%), des entreprises privées (40%), et le paiement par les membres des CAF de l’assistance technique (20%).
- Impact: le principal impact des CAF est de développer la cohésion et l’inclusion sociale, améliorant ainsi les progrès des immigrés vers la pleine citoyenneté. Les CAF créent des réseaux sociaux utiles, un sentiment de propriété, de responsabilité et de confiance en soi. - Portée: de décembre 2006 à décembre 2007, le nombre de CAF en Espagne est passé de 15 à 22 et le nombre de membres a plus que doublé (de 210 à 431 membres). Le portefeuille de prêts est passé de 81.000 € à 132.000 € avec un montant de prêt moyen de 460 € (contre 300 € fin 2006).
La Fondation Giordano Dell'Amore a également distribué une publication avec les résumés des expériences des institutions présélectionnées (télécharger la publication ici - en anglais).