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Principales caractéristiques de la microfinance en Europe

Le REM Nantik Lum (Espagne), coordinateur du groupe de recherche du REM, a réalisé une enquête sur la microfinance en Europe, portant sur les années 2008-2009. Il s’agit de la quatrième enquête réalisée sur le sujet, auprès de 170 acteurs de la microfinance dans 21 pays de l’Union Européenne (UE + Croatie + Norvège et Suisse). Sur l’ensemble des IMFs qui ont participé, 97 ont participé pour la première fois. Les principaux résultats sont rassemblés ci-après.

Nombre de prêts

84 523 microcrédits ont été accordés en 2009, pour un montant total de 828 millions d’euros. L’Europe de l’Est a réalisé 26% du nombre de prêts et 40% du montant total, et l’Europe de l’Ouest respectivement 74% et 60%.

Pour la première fois depuis le début des enquêtes, le nombre de prêts a baissé d’une année sur l’autre : -7% entre 2008 et 2009, alors qu’il avait augmenté de 14% en 2006/2007, de 15% en 2004/2005 et de 11% en 2003/2004. Cependant on constate que si le nombre de prêts a baissé en 2009, le montant total est en augmentation de 3%. Cependant, si on se concentre sur l’éventail des organisations qui ont répondu aux enquêtes de 2008 et 2010, on constate une baisse dans le nombre et la valeur des prêts entre 2008 et 2009: -20% dans le nombre de prêts et -6% dans la valeur des prêts.

Cette baisse est un des effets de la crise économique et financière qui touche l’Europe, les Institutions de Microfinance (IMF) semblant privilégier la qualité des dossiers présentés.

A fin 2009, le nombre de clients actifs de l’ensemble des acteurs européens ayant répondu à l’enquête, s’élève à 135.815 (à comparer à 121 677 fin 2007 selon la dernière enquête).

Les acteurs

En Europe de l’Est le secteur de la microfinance est plus mature qu’en Europe de l’Ouest. Ainsi on constate qu’à l’Est plus de 73% des IMF ont été créées entre 1980 et 1999, alors qu’à l’Ouest 25% seulement peuvent revendiquer cette ancienneté. Néanmoins le nombre d’acteurs est en croissance sensible. En 2008-2009, 18 nouvelles Institutions de microfinance ont vu le jour.

Les types d’acteurs de la microfinance sont variés : en Europe de l’Ouest principalement des ONG, des associations. En Europe de l’Est, où les IMF peuvent accepter des dépôts, davantage d’organismes à but lucratif (notamment en Bulgarie et en Roumanie), des coopératives, puis des Institutions financières non bancaires. De plus, les banques sont en train de devenir de plus en plus impliquées dans les activités microfinancières. Ces banques représentent actuellement 12% de l’enquête par sondage, 40% de la valeur totale du microcrédit européen et 7% des clients.

Beaucoup d’organismes ont une implantation très locale et fournissent moins de 50 prêts par an. A l’inverse 13% d’entre eux ont accordé plus de 400 microcrédits en 2009. Ces dernières Institutions sont plutôt implantées en Europe de l’Ouest, ce qui marque un renversement de tendance par rapport aux années précédentes.

Globalement en Europe, 60% des IMF sont des organismes à but non lucratif (17% de moins que lors de la précédente enquête).

Pour 24% des IMF ayant répondu l’activité est exclusivement le microcrédit (contre 28% en 2006, et 16% en 2005). Les autres organismes ont des activités complémentaires, comme les services d’accompagnement, des formations en entreprenariat, des incubateurs ou bien des programmes d’éducation financière.

Enfin la plupart des IMF fournissent des services d’accompagnement à leurs clients (19% seulement ne peuvent offrir ce type de services).

Le montant des prêts alloués

Le montant des microcrédits accordés va de 220 euros à 37 000 euros. Ce montant varie de manière significative selon les bénéficiaires, c'est-à-dire s’il s’agit d’entreprises ou de personnes ayant sollicité un microcrédit personnel. On observe que les montants ont tendance à être plus élevés en Europe de l’Est, où les Institutions de Microfinance ciblent davantage les microentreprises qu’en Europe de l’Ouest.

Le montant moyen des microcrédits en 2009 était de 10 012 euros, contre 11 002 euros en 2007. 59% des organismes prêteurs ne demandent pas de garanties, conformément aux principes du microcrédit.

Le taux d’intérêt moyen appliqué est de 9%.

Les bénéficiaires

Les clients non-bancables composent 66% des clients en Europe, avec le plus grand nombre étant en Belgique et en Italie. En terme d’objectif, 47% des microcréditeurs ont comme cibles les personnes étant exclus des services financiers mainstream, 44% ont comme cibles les femmes, 41% ont come cibles les immigrants et les minorités ethniques lorsque 32% se concentrent sur les clients rurales, ce qui est une augmentation de 8% en deux ans. Les jeunes et les handicapés restent des groupes cibles avec une priorité plus basse. Cependant, les taux de prêts présent sont loin de ces objectifs. Donc, 37% des microcrédits ont été étendu aux femmes (7% moins qu’en 2007), bien que ces résultats ne reflètent pas l’activité entière de crédit, puisque seulement 64% ont répondu à la question du nombre de crédits décaisser aux femmes.

Dans certains pays on remarque une représentation importante des immigrés ou des jeunes. Ainsi en Norvège et en Espagne par exemple, on observe que les immigrés sont surreprésentés dans les bénéficiaires de microcrédits, si on compare le % de ces clients à leur proportion dans la population globale.

Comme dans les enquêtes précédentes, pour 70% des IMF ayant répondu à l’enquête, les cibles principales est le développement des microentreprises, suivi par la création d’emploi (63%), l’inclusion sociale et la réduction de la pauvreté (53%).

Performance

Le nombre d’indicateurs suivis régulièrement par les IMF est encore faible, mais en hausse par rapport à la dernière enquête. En 2009 on relève les données suivantes :

Ces éléments montrent clairement l’impact de la crise en Europe.

Contraintes et enjeux

Le manque de règlementation spécifique sur la microfinance est un frein au développement de l’activité alors que les besoins sont importants.

Par ailleurs la principale préoccupation des organismes de microcrédits reste, comme dans l’enquête précédente, la pérennité de l’activité et la recherche de financements stables. La plupart des IMFs restent dépendantes des fonds publics et privés pour couvrir les coûts opérationnels et les besoins de capitaux pour fournir des prêts. Il est donc vital que celles-ci développent des activités propres leurs permettant de couvrir au moins leurs frais de fonctionnement.

Pour plus d’informations sur les défis à relever, cliquez ici.

Télécharger l'enquête sur le secteur de la microfinance 2007-2008 (en anglais)

Télécharger l'enquête sur le secteur de la microfinance 2008-2009 (en anglais) et la  présentation power point 2008-2009 (en français)